Artiste
Arianne Clément
À propos
Discipline : Photographie
Lieu : Parc Saint-Laurent (8000 boul. Saint-Laurent)
Description : Les photos d’Arianne Clément célèbrent le vieillissement sous un angle lumineux et inspirant. À travers ses portraits d’aînés, elle met en lumière l’intimité, la diversité, la sensualité et la richesse des liens intergénérationnels, déconstruisant les stéréotypes liés à l’âge et l’âgisme ambiant.
Détentrice d’une maîtrise en photographie de l’Université des arts de Londres, Arianne Clément a depuis consacré son art aux personnes aînées. Elle a ainsi parcouru le monde en quête de reportages et participé à de nombreux projets humanitaires auprès de personnes marginalisées. Récipiendaires de plusieurs prix et honneurs et exposées partout dans le monde, les photos d’Arianne sont reconnues pour leur sensibilité et leur audace, grâce à la complicité que l’artiste sait créer avec ses modèles.
Site web : https://www.arianneclement.com/
Pour en apprendre plus sur certaines photos
Sortir de l’indigence
Voici une photo de Diane, 80 ans, avec sa fille Parize et son arrière-petite-fille Adélie. Diane est une source d’inspiration et d’espoir pour quiconque est aux prises avec un problème de consommation et elle est la preuve que l’on peut s’en sortir, peu importe son âge.
« J’ai commencé à vivre il y a huit ans. Auparavant, ma vie n’était qu’instabilité et misère. J’ai connu l’itinérance, la toxicomanie, la prostitution, la violence, le crime organisé. Ma vie a toujours été rock and roll. À 50 ans, j’avais déménagé 50 fois car je ne payais pas mes loyers. Mais c’est après mes 50 ans que je suis tombée dans la rue et que j’ai connu la déchéance la plus totale. Je suis étonnée d’être encore en vie.
Voici, en résumé, mon histoire. À 17 ans, je suis allée patiner avec une copine à Montréal. J’ai bu de l’alcool pour la première fois de ma vie et un homme en a profité pour me violer. Je suis tombée enceinte et les parents de mon abuseur, ainsi que les miens, nous ont obligés à nous marier. La première fois que j’ai revu mon agresseur, c’était le jour de notre mariage. Après cinq ans à subir les barbaries de mon mari, j’ai décidé que c’en était assez et je me suis réfugiée dans un couvent avec mon bébé. Mes autres enfants ont été placés en foyer nourricier, puis en famille d’accueil.
Ensuite, j’ai rencontré un autre homme alcoolique avec qui j’ai eu un enfant. J’ai donné cet enfant en adoption parce que je voulais qu’il ait la chance d’avoir une vie normale et de bons parents. Après cet épisode, je suis « partie sur la rumba » et je n’ai jamais arrêté. C’était une vie exténuante et je ne pense pas que je me remettrai un jour de tous les traumatismes que j’ai vécus, particulièrement ceux que les hommes m’ont infligés. J’ai été battue et violée un nombre incalculable de fois. Plus jamais je ne laisserai un homme entrer dans ma vie.
À 72 ans, alors que je dormais sur le perron de l’église et que j’étais dépendante au crack, je suis tombée gravement malade et on m’a hospitalisée. Le personnel de l’hôpital m’a aidé à trouver une place en résidence pour personnes âgées. Je suis sobre depuis. Cela relève du miracle. À ceux qui sont aux prises avec la consommation et à leur famille, j’ai envie de dire ceci : avec un désir sincère et de l’espoir, il est possible de s’en sortir, même à un âge avancé.
Aujourd’hui je suis bien. Je suis en sécurité. Je prends soin de moi. Je ne veux pas retourner où j’étais. Je veux vivre, voir mes enfants, mes petits-enfants et mon arrière-petite-fille, Adélie (sur la photo), qui vient tout juste de naître. Mes journées sont calmes, paisibles, tranquilles. Je lis des ouvrages de croissance personnelle, je regarde religieusement l’émission Top Modèle, j’écoute la radio, je prends des bains et je déguste du chocolat noir. Je n’ai besoin de rien de plus.
Ma fille aînée, Parize, vient me voir régulièrement et on va dénicher de petits trésors au comptoir familial puis boire un café au McDo. Je savoure chaque moment avec elle car notre temps est compté. Parize combat un cancer depuis deux ans et on m’a annoncé il y a quelques semaines que moi aussi, j’ai un cancer. Nous devons donc vivre au jour le jour. »
Se reposer, enfin
Jusqu’à tout récemment, Monique, 91 ans, et Lionel, 95 ans, habitaient ensemble dans une résidence pour aînés (RPA). Depuis deux mois, Monique a dû être transférée dans un CHSLD situé à environ 200 mètres de la RPA de Lionel. Elle accueille les choses avec sérénité et considère qu’elle a enfin le « temps de se reposer ».
Plusieurs fois par jour, Lionel, en s’aidant avec sa canne, traverse lentement la distance qui le sépare de Monique, prenant plusieurs pauses en chemin. Chaque fois qu’il arrive au CHSLD, il embrasse Monique sur la bouche et elle s’illumine. Voici ce qu’elle raconte à propos de sa vie en CHSLD :
« J’ai toujours travaillé sans répit. En plus de mon travail d’enseignante et de maître de poste, je faisais tout moi-même. Je cousais les vêtements de mes enfants (ils avaient des habits neufs à chaque Noël), je tricotais, je tissais, je faisais des courtepointes. Sur la ferme, je trayais les vaches à la main au début, puis à la trayeuse. Je faisais les foins, j’avais un grand potager et je faisais les conserves. Je faisais tout ! C’est parce que j’ai tant travaillé que j’apprécie le fait d’habiter ici, au CHSLD. Ça me fait du bien de me reposer. C’est calme ici. Je n’ai plus besoin de laver la vaisselle ou de faire le lavage. Le temps s’écoule doucement et plus rien ne presse. Chaque jour, j’ai la visite de mon mari et de mes enfants. Que demander de mieux ? »
Complicité entre sœurs
À la demande de la photographe, les sœurs Anita, 90 ans, et Janet, 89 ans, se sont prêtées au jeu de reproduire la photo de leur communion solennelle. Quatre-vingts ans se sont écoulés entre les deux images. Tout le monde a bien rigolé durant la séance de photos et cette image témoigne merveilleusement de la bonne humeur, de l’humour, de l’espièglerie et de la complicité qui animent les deux sœurs.
Issues d’un milieu ouvrier, les sœurs Champagne, comme bien des femmes de leur temps, ont travaillé sans relâche et connu beaucoup d’adversité et de deuils. Anita raconte :
« J’ai déjà passé au feu ; j’ai dû sauter du deuxième étage pour sauver ma famille. On s’est retrouvés tout nus dans la rue, sans argent, sans emploi, sans rien. Quelques jours plus tard, l’une de mes sœurs s’est fait tuer dans un accident. Plus tard, c’est l’hôtel où mon père travaillait qui a passé au feu. Cinq personnes sont restées prises dans l’incendie et en sont mortes, incluant mon père. À un autre moment, le bébé de ma sœur Janet était malade et il est mort dans mes bras. Un autre de ses enfants s’est fait tuer par un cheval… ».
Avec la résilience et l’humour qui la caractérisent, Anita ajoute :
« Quand je vois les jeunes s’en faire avec des riens, je me dis, pauvre enfant, les épreuves ne font pas mourir. La preuve ? J’ai 90 ans ! ». Elle observe aussi que la vie des femmes est plus facile aujourd’hui : « Heureusement, les choses ont changé pour le mieux ; les femmes sont autonomes, elles ont de l’argent, et peuvent faire des choix. Nous, on avait de la misère à s’acheter un crayon pour écrire. On était complètement dépendantes de nos maris et soumises. »
Janet ajoute :
« Pour ma part, j’ai élevé mes 10 enfants et ma vie s’est passée suivant la journée, une corvée après l’autre. J’ai toujours travaillé dur, du matin au soir. J’ai énormément cuisiné, autant pour les enfants que pour la visite. Je n’ai jamais acheté de tartes, de gâteaux ou de conserves ; je faisais tout moi-même. La maison était tout le temps pleine de monde, et je recevais la parenté plusieurs fois par année. Une fois seulement j’ai pris des vacances avec mon mari et j’ai réalisé que je préférais être chez nous. Malgré l’ouvrage à l’infini, il faisait bon y vivre. »
« Aujourd’hui mon mari est décédé, mais j’ai la chance d’habiter encore notre belle maison. Il y a beaucoup de choses que je ne peux plus faire, mais j’essaie de rester occupée. L’important est d’apprécier les toutes petites choses comme les oiseaux, les fleurs, les chats, la famille et les sandwiches aux fraises et au miel. Surtout, il ne faut jamais arrêter de rire et d’avoir du plaisir ! »
Un beau petit bec
Raymond, 95 ans et Lise, 87 ans vivent encore dans leur maison grâce à l’aide de leurs enfants et de plusieurs ressources disponibles dans leur municipalité. La situation est cependant préoccupante car la santé et l’autonomie de Lise décline, ce qui cause au couple beaucoup d’incertitudes quant à leur avenir.
Raymond raconte :
« Durant mes études, j’avais très peu de temps libre, mais j’allais quand même danser avec Lise au Balmoral à St-Hilaire. Nous aimions la valse, le boogie-woogie, les slows. Elle était tellement belle que lorsque nous allions danser, les gars me donnaient des tapes dans le dos et me disaient : « maudit chanceux ! »
« Au début je l’ai fréquentée pour me venger d’une fille qui m’avait fait un coup plate, mais finalement je ne pouvais plus me passer d’elle, alors je l’ai mariée et ça fait 68 ans qu’elle m’endure ! Je n’oublie jamais de terminer la journée en lui donnant un beau petit bec. Ça se finit souvent en fou rire ! ».
Lise raconte :
« Quand j’ai rencontré Raymond, il m’impressionnait parce qu’il faisait de grandes études de comptabilité aux HEC alors que moi, je n’avais pas d’instruction. Il venait d’une famille de 15 enfants et chacun d’eux était instruits. Il était drôle et farceur. Nous avions beaucoup de plaisir et c’était un joli moineau… »
« Puis nous nous sommes mariés et je suis devenue femme au foyer. Ce n’était pas évident d’élever une famille. L’ouvrage ne finissait jamais : ménage, lavage, rapiéçage, cuisine, courses, discipline… Le matin, avant l’école, on aurait juré qu’une tornade était passée dans ma cuisine ! »
« Malgré tout, je suis choyée parce que mes enfants s’aimaient et ils s’aiment encore. Il n’y a pas de chicane chez nous. Et maintenant que Raymond et moi sommes vieux et un peu amochés, ils nous aident énormément pour que l’on puisse être confortables et habiter notre maison le plus longtemps possible. Ils sont dévoués et généreux. »
Couple de sacristains
Cette photo de Paul-Émile, 85 ans, de son épouse Noëlla, et de leur petite-fille Christine a été prise devant l’église d’Acton Vale. Ce lieu n’est pas anodin pour le couple car Paul-Émile et Noëlla sont profondément croyants et très impliqués auprès de leur paroisse.
Voici ce que Noëlla nous raconte : « Nous étions 14 enfants et comme nous étions cultivateurs, nous travaillions énormément. Ça n’a jamais arrêté. Je ne me suis pour ainsi dire jamais assise ! Aujourd’hui, je suis sacristine à l’église, où j’ai pris la place de mon époux, et bénévole au centre d’accueil cinq jours par semaine. Il y a beaucoup à faire. Avant la pandémie, nous étions 40 bénévoles ; nous ne sommes plus que cinq. La pandémie a été terriblement difficile pour nous. Trente-sept de nos résidents sont décédés sur un total de 64. Pouvez-vous imaginer ce que cela représente ?
« Je prends soin de mon mari Paul-Émile qui est en perte d’autonomie. Il est parfois compliqué de tout gérer, mais on arrive à s’organiser grâce à l’aide de ma petite-fille Christine et de différentes ressources au CLSC. Mon mari et moi avons élevé Christine. Sa mère avait des problèmes et nous avons perdu contact avec elle. À l’âge de 14 ans, Christine l’a retrouvée via l’émission de Claire Lamarche. Malheureusement, sa mère est décédée quelques mois plus tard. »
« Nous avons vécu dans différentes régions du Québec pour le travail de mon mari, et j’ai appris à me débrouiller. Quand nous habitions Montréal, j’ai travaillé dans des classes d’accueil pour les nouveaux arrivants. Je prenais soin des enfants des boat people. Une très belle expérience. »
Paul-Émile ajoute : « J’ai été scolarisé à l’école publique jusqu’à ma douzième année. J’ai ensuite été pensionnaire au Collège du Mont-Sacré-Cœur à Granby car je voulais devenir prêtre. Il me manquait six mois d’études avant d’être diplômé et mon père a manqué d’argent pour payer mes frais de scolarité. J’ai donc quitté le collège à 25 ans et j’ai été travailler dans une usine avant de suivre des cours d’arpentage.
Je suis très croyant et je l’ai toujours été. Enfant, j’étais servant de messe. Lorsque j’ai pris ma retraite, je suis devenu bedeau et je me suis beaucoup impliqué à l’église. Il y a un an, je suis tombé et je me suis cassé une cheville. Depuis, mon état s’est aggravé. Je suis souvent mêlé et j’ai dû arrêter de travailler et de conduire. Perdre mon indépendance est difficile à accepter. Je n’aime pas être un poids pour les autres. »
Chaleur dominicaine
Xiomara, une belle Dominicaine de 68 ans et son époux, Richard, passent la moitié de l’année au Québec et l’autre moitié en République Dominicaine. Ils ont des petits-enfants dans les deux pays et sont très impliqués auprès de ceux-ci. L’unité familiale est importante dans la vie des Dominicains qui maintiennent des liens très étroits avec ses membres.
Voici l’histoire de Xiomara :
« Je suis née à San Juan de la Maguana. Mon père avait dix enfants avec quatre femmes différentes. Ça peut sembler surprenant, mais la polygamie est courante dans mon pays. J’ai eu une belle enfance parce que j’ai une joie de vivre naturelle. À 15 ans, je suis allée vivre avec une tante et son époux, qui étaient fortunés et qui m’ont payé une formation dans une école de beauté. J’ai ensuite ouvert mon salon de coiffure et j’ai toujours soutenu financièrement ma mère, mes frères et mes sœurs. J’ai aussi adopté l’une de mes sœurs. À 26 ans, j’ai connu mon mari Richard sur une plage. Je n’étais pas particulièrement attirée par les étrangers, mais il a été persistant et m’a prouvé qu’il était un homme de famille. Je tenais mordicus à mon indépendance et il n’était pas question que j’arrête de travailler. Je suis bosseuse et j’ai été autonome toute ma vie. »
« Pendant longtemps, je ne voulais pas accompagner mon mari au Québec à cause du froid canadien. Maintenant qu’il a des problèmes de santé, je ne veux pas passer une minute sans lui. Notre amour est plus grand qu’avant. Il arrive que l’on commette des erreurs et que l’on se dispute, mais notre couple est fort. J’ai tout ce dont j’ai besoin ici : une famille, des amis, la musique, la danse, la bonne humeur, l’amour. Je ne suis absolument pas matérialiste, alors ça me suffit amplement. Je m’adapte aux gens d’ici et ceux-ci s’adaptent à moi. J’ai toujours travaillé avec le public et j’aime interagir avec les autres. Quand je vais faire des courses au marché, les clients sont parfois surpris parce que j’offre des bonbons à leurs enfants. Il n’est pas rare que je revienne du supermarché avec de nouveaux amis que j’ai rencontrés en chemin. J’apporte un peu de chaleur dominicaine dans La Belle Province ! »
Les Amazones
On prête aux Amazones de la légende la pratique de se couper le sein droit, ceci afin de leur permettre de mieux tirer à l’arc, et ainsi mieux se protéger les unes les autres. Leur survie, après tout, dépend de leur capacité à veiller les unes sur les autres. De la même manière, Françoise, Marilyn et Ruth, toutes trois survivantes d’un cancer du sein, nous enseignent que rien n’est plus important que la sororité pour faire face à l’épreuve du cancer.
Dans la mythologie grecque, les Amazones sont une société de femmes guerrières, dont l’existence est souvent fantasmée. Elles laissent imaginer une sororité composée de femmes fortes et émancipées, dont la cohésion serait tributaire des liens amicaux et affectifs qu’elles tissent entre elles. Bien que ce mythe soit mis en doute par plusieurs historiens sur la base d’une erreur d’interprétation, on prête aux Amazones de la légende la pratique de se couper le sein droit. Elles agiraient de la sorte pour leur permettre de mieux tirer à l’arc, et de mieux se protéger les unes les autres. Leur survie dépendrait donc de leur capacité à veiller les unes sur les autres.
Dans les mythologies actuelles, les survivantes du cancer du sein accèdent à leur tour au statut de combattantes, et peuvent être considérées comme des Amazones de l’ère moderne. La nature du combat est différente, leur ennemi est pernicieux et invisible. Et pourtant, leur courage, leur volonté, leur combativité, et peut-être plus que tout, le soutien qu’elles s’offrent les unes aux autres, n’ont rien à envier à leurs consœurs de la légende. Ce combat en est un physique, contre l’ennemi intérieur, mais aussi une lutte pour l’émancipation. Celle qui consiste à lutter pour leur vie, et pour survivre, à penser à soi, à prendre ses décisions et à agir, sans chercher à plaire aux autres. C’est aussi leur capacité à veiller les unes sur les autres qui a aidé ces trois grandes amies à passer à travers l’épreuve du cancer.
Grand-maman gâteau
Cette photo a été prise sur la terre à bois de Lorraine, 80 ans. Sur la photo, Lorraine est accompagnée de ses petits-enfants, tous deux adoptés en Haïti.
« Ma fille et son conjoint ne pouvaient pas avoir d’enfants, alors ils ont entamé des procédures d’adoption. Le processus a été long, mais il y a sept ans, ils ont pu aller chercher un couple de frère et sœur à Haïti. Quand ils sont arrivés au Québec, Marylis avait six ans et Éloik avait cinq ans. La première fois que je les ai rencontrés, c’était dans un parc, deux semaines après leur arrivée. Ils étaient timides et ne comprenaient pas notre langue, mais ils me souriaient et m’ont pris la main. »
« Depuis ils se sont très bien adaptés. Les deux parlent parfaitement le français et ça va bien à l’école. Ce sont de grands sportifs et ils sont tous les deux dans une équipe de soccer. Marilys a du caractère ; elle aime faire les choses à sa manière. Elle a suivi des cours de danse et elle chante tout le temps. Éloik se fait des amis partout où il va. Il a toujours le nez plongé dans un livre. Il aime les voitures, les Meccano, les cubes Rubik, et les échecs.
« Plusieurs fois par année, mon mari et moi allons passer des weekends avec eux, ou alors ce sont eux qui viennent passer quelques jours chez nous. On fait plein de petites sorties et on joue à des jeux de société. Une de nos traditions est d’aller manger de la crème glacée molle dans le Vieux-Québec. Une autre est de manger de la raclette à Noël. Je leur prépare toujours leur gâteau de fête et je leur cuisine des carrés aux dattes, des muffins, et des biscuits. Je suis vraiment ce qu’on appelle une grand-maman gâteau ! J’aime beaucoup être la grand-maman d’enfants adoptés. Je les aime autant que s’ils étaient de mon propre sang. Je n’ai pas vraiment d’inquiétude quant à leur avenir car ils sont très débrouillards. Je leur souhaite simplement le bonheur. »







